Franchise : une bonne recette anticrise

publié le 10 mars 2009 à 15:37 par Administrateur site   [ mis à jour le·10 mars 2009 à 15:37 par Administrateur du site ]

La récession économique épargne jusqu'ici ce secteur, dont le nombre d'adhérents a encore progressé de 7 % en 2008.

«Ma petite franchise ne connaît pas la crise.» Et si c'était le tube de l'année 2009 ? Car dans un décor économique plutôt triste, la franchise a pour l'instant l'air de bien tirer son épingle du jeu.

Alors que le Salon Franchise Expo doit se dérouler du 13 au 16 mars à Paris, porte de Versailles, les chiffres de 2008 sont tous au vert : «Nous sommes passés de 1 141 réseaux en 2007 à 1 234 en 2008 ; le nombre de franchisés (49 094) a, lui, augmenté de 7 %», détaille Guy Gras, président de la Fédération française de la franchise. Entre juin 2007 et juin 2008, un franchisé sur deux a créé au moins un poste et, après quelques années, les franchisés emploient, en moyenne, près de neuf salariés.

Les enseignes qui ont le vent en poupe ? L'équipement de la personne (textile, chaussures, lunettes), de la maison (déco, ameublement), mais aussi la restauration rapide. «Le développement de ces franchises colle assez bien aux tendances de consommation actuelles : le repli sur soi, dans sa maison, la consommation de besoins strictement essentiels. On prend moins le temps de se faire plaisir à l'extérieur, d'où l'essor de la restauration rapide», analyse Guy Gras.

La cuvée 2009 sera-t-elle aussi florissante que 2008 ? Encore difficile à dire. «Certains secteurs pourraient évidemment être touchés par la crise, comme l'immobilier, le luxe ou encore la restauration à thème… Mais rien n'est sûr», avance Guy Gras. Il y a bien eu quelques annulations pour le Salon, mais elles ont profité aux enseignes qui étaient sur liste d'attente ! Et si on en croit l'étude CSA-Franchise Expo «Qui est prêt à entreprendre en 2009 ?», un tiers des Français affirment avoir envie de se mettre à leur compte et de devenir leur propre patron, en dépit de la conjoncture.

Revenus nets mensuels de 2 500 euros

Sur le terrain, les franchisés rencontrent pour l'instant très peu de difficultés liées à la crise. «Trouver un local n'est pas plus difficile qu'avant ; comme les réseaux s'installent en général en centre-ville ou en centre commercial, c'est-à-dire dans les plus beaux emplacements, les loyers, déjà élevés, sont restés stables», affirme Guy Gras. Du côté des banques, on assure qu'un candidat à la franchise au dossier bien ficelé ne se voit pas refuser de crédit. «Mais les banques sont évidemment plus pointilleuses qu'avant sur le plan de financement», avoue Guy Gras.

Le travail de la Fédération dans les mois à venir va justement être de nouer de «vraies relations de confiance» avec les banques. «En ces périodes difficiles, nous voulons leur montrer que la franchise est attractive pour eux ; après tout, leur métier est de prêter de l'argent ! Avec le franchisé, les banques ont l'assurance de la notoriété d'une marque, d'un réseau, et savent qu'elles prennent moins de risques», affirme-t-il.

Pour 74 % des franchisés, l'ouverture d'une boutique signifie une entière reconversion professionnelle, une seconde carrière en quelque sorte. Les qualités d'un bon franchisé ? «C'est quelqu'un qui aime le métier qu'il a choisi : un franchisé Yves Rocher ne peut avoir le même profil qu'un franchisé Midas ou Maisons Phénix ! Il faut qu'il ait un minimum de passion pour le secteur qu'il a choisi», pense Guy Gras.

Si le critère financier n'est pas le principal moteur du candidat à la création d'entreprise, il n'est pas négligeable : la dernière étude CSA montre que le revenu moyen d'un franchisé, hors capitalisation de son fonds de commerce, est de 2 500 euros net mensuels. Plutôt attra­ctif non ?

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